Speakers - COMMBio: Après des études de premier cycle à l'ENSC Toulouse (aujourd'hui ENSIACET), N. Mézailles a obtenu son doctorat à l'Université Purdue (États-Unis, sous la direction du Pr C.P. Kubiak) en 1997. Suite à un post-doctorat auprès du Pr P. Le Floch, il a rejoint le CNRS au sein du même laboratoire (UMR 7653, Pr F. Mathey) en 1998. Il est actuellement directeur de recherche de 1re classe (DR1). En 2012, il a intégré le LHFA (UMR 5069), où il a créé l'équipe « Systèmes de hautes énergies ». Ces dernières années, N. Mézailles s'est principalement intéressé à la réduction de N₂ par des complexes de métaux de transition et d'éléments des groupes principaux. En décembre 2021, il a cofondé la start-up SWAN-H. Sujet: La production d'ammoniac (NH3) est essentielle à l'humanité, car elle constitue la source d'engrais azotés. Synthétisée à l'échelle de 200 Mt/an par le procédé Haber-Bosch, elle repose sur l'utilisation de combustibles fossiles (H-B gris). Ce procédé génère environ 2 % des émissions mondiales de CO2. Des alternatives plus écologiques à la synthèse de NH3 sont donc nécessaires. Au sein du projet SWAN-H, nous développons un électrolyseur de NH3 fonctionnant dans des conditions douces et compatible avec l'utilisation d'énergies renouvelables. Ce projet s'appuie sur la découverte, par l'équipe SHEN du LHFA, de la capacité des radicaux R2B à réagir efficacement avec la molécule inerte N2. Bio: Pauline Rullière est docteure en chimie organique et ingénieure en biologie moléculaire et chimie. Experte en chimie verte, biosynthèse et technologies en flux continu, elle dirige la R&D de Pili depuis début 2024. À ce titre, elle encadre une équipe de 20 chercheurs spécialisés en ingénierie métabolique, fermentation, bioprocédés et chimie organique. L’innovation durable est au cœur de sa conception de la recherche ; elle anime une équipe multidisciplinaire qui exploite la synergie entre biologie synthétique et chimie verte. Elle est l’auteure de 15 publications scientifiques à comité de lecture et l’inventrice de 4 brevets. Sujet: L'industrie de la couleur repose presque exclusivement sur la chimie issue des énergies fossiles, générant d'importantes émissions de CO₂ et des déchets dangereux. Pili, entreprise chimique française, développe des colorants, des pigments et des intermédiaires aromatiques durables grâce à un procédé hybride combinant fermentation microbienne et synthèse organique. Cette approche permet la production de colorants performants et industrialisables, avec une teneur en matières biosourcées de 50 à 100 % et une réduction des émissions de CO₂ de plus de 50 %. Les solutions de Pili comprennent de l'indigo biosourcé pour le denim, des pigments organiques et des intermédiaires bioaromatiques produits à l'échelle de la tonne, offrant des alternatives directes aux produits pétrochimiques et contribuant à la décarbonation de l'industrie chimique. Bio: Louise Breloy est chercheuse en chimie des polymères au laboratoire SoftMat, rattaché à l’Université de Toulouse. Diplômée d’un master entre l’ENSCP et Sorbonne Université en 2018, elle obtient un doctorat en chimie à l’ICMPE en 2022, où ses travaux portaient sur le développement de résines photoréticulables biosourcées à visée antibactérienne. Elle a ensuite effectué un post-doctorat industriel à l’ESPCI, portant sur le recyclage enzymatique des polyesters ; puis un post-doctorat à Polymat sur le recyclage et surcyclage des déchets complexes par voie chimique. Elle développe aujourd’hui diverses approches durables pour le recyclage ou la revalorisation des déchets plastiques. Sujet: La dépolymérisation enzymatique permet d’obtenir des briques élémentaires de polymères, pouvant être repolymérisées pour régénérer des plastiques de haute qualité. Si cette approche fonctionne pour des déchets de PET facilement triables et non formulés, comme les bouteilles, elle échoue pour d’autres sources de PET ainsi que pour des polyesters importants comme le PBT. Un pré-traitement des déchets par mélange à l’état fondu ou par vitrimerisation, à partir de proportions contrôlées de déchets polyesters hétérogènes et non triables, permet de former, grâce aux catalyseurs déjà présents, des copolymères ou des réseaux facilement dépolymérisables par des enzymes esterases. Bio: Michel Sigrist a obtenu son doctorat en chimie à l’Université de Strasbourg en 2024, au sein de l’Institut de Sciences et d’Ingénierie Supramoléculaires (ISIS), sous la direction du Dr Paweł Dydio. Ses travaux de thèse ont porté sur le développement de méthodes régiosélectives et énantiosélectives efficaces pour la carbonylation d’alcènes catalysée par le palladium, ainsi que sur l’étude des mécanismes de ces transformations. En 2025, il a rejoint l’université de Toulouse au Laboratoire de Chimie de Coordination (LCC) en tant que chercheur postdoctoral auprès du Dr Antoine Simonneau. Ses recherches actuelles portent sur les réactions d’hydrogénation catalysées par des complexes de pentahydrure de molybdène. Sujet: L'hydrogénation homogène est un outil puissant en synthèse organique, mais son utilisation repose principalement sur des catalyseurs à base de métaux du groupe du platine (PGM). Si ces systèmes présentent une activité et une sélectivité exceptionnelles, les préoccupations liées à leur rareté, à leur impact environnemental et à leur toxicité remettent de plus en plus en question leur viabilité à long terme. Nous présentons ici une alternative reposant sur un complexe pentahydrure de molybdène, [MoH₅(depe)₂]⁺, dérivé d’un métal abondant, présentant une activité remarquable pour l’hydrogénation des alcènes dans des conditions douces. Des études mécanistiques combinant cinétique, identification d’intermédiaires et calculs DFT révèlent sa réactivité unique. Ces travaux positionnent les polyhydrures de molybdène comme des plateformes prometteuses et respectueuses de l'environnement pour la catalyse d'hydrogénation de nouvelle génération. Bio: Israel Tonatiuh Pulido-Díaz est un jeune chercheur spécialisé en chimie organométallique et de coordination. Il a obtenu son doctorat en cotutelle entre l'Université de Toulouse et l'UNAM-Mexique (août 2025), grâce à une bourse d'excellence de l'IFAL. Ses recherches portent sur la catalyse durable, notamment la conception de matériaux hybrides et de complexes métalliques pour la valorisation de la biomasse, l'utilisation du CO₂ et la chimie verte. Expert en catalyse homogène et hétérogène, Israel a encadré des étudiants et favorisé la mise en place de réseaux de recherche collaboratifs entre le Mexique et la France. Il vise à développer des méthodologies catalytiques permettant de réduire l'impact environnemental et d'optimiser l'utilisation des matières premières, contribuant ainsi à l'avènement d'une économie circulaire biosourcée. Sujet: Nanocatalyseur métallique supporté pour la valorisation de substrats dérivés de la biomasse Le développement de systèmes catalytiques efficaces et sélectifs pour la valorisation de substrats issus de la biomasse représente un enjeu crucial en chimie durable. Dans cette étude, nous présentons des nanocatalyseurs métalliques hybrides (Mo, Co) supportés sur des silices modifiées moléculairement pour les réactions d'hydrogénation et d'oxydation. Ces systèmes présentent une activité catalytique et une recyclabilité remarquables, permettant d'atteindre des taux de conversion et une sélectivité élevés pour la production de composés à haute valeur ajoutée, et ce, avec une faible charge métallique. Des analyses structurales et spectroscopiques mettent en évidence l'influence positive de la modification du support sur les performances catalytiques. Ces travaux ouvrent des perspectives prometteuses pour le développement de procédés respectueux de l'environnement dans le secteur émergent de la chimie biosourcée. Bio: Diplômé en chimie de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ, Brésil), Lucas Raggio a été lauréat d’une bourse d’excellence CAPES/BRAFITEC lui permettant d’intégrer l’ESPCI Paris, où il a obtenu son diplôme d’ingénieur. Il est doctorant en chimie moléculaire au Laboratoire Hétérochimie Fondamentale et Appliquée (LHFA, Université de Toulouse). Ses expériences portent principalement sur la synthèse organique. Ses recherches se situent à l’interface entre chimie moléculaire et chimie des polymères, avec un intérêt pour des matériaux plus durables, notamment via la conception de monomères menant à des polymères dégradables. Sujet: L'impact environnemental causé par les plastiques est un enjeu majeur de nos jours. Une grande partie des polymères utilisés dans la vie courante ont un squelette composé exclusivement de liaisons C-C, ce qui rend leur dégradation extrêmement longue. Des polymères présentant des liaisons C-X clivables (X = hétéroatome) peuvent être préparés par la copolymérisation d’un hétérocycle avec des monomères vinyliques via polymérisation radicalaire par ouverture de cycle (rROP). En collaboration avec l’Institut de Chimie Radicalaire (ICR – Aix-Marseille Université), nous avons identifié et synthétisé des cibles prometteuses en jouant sur les paramètres structuraux de ces hétérocycles. |
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